Faut-il (vraiment) définir la participation en ligne ?

Etant donné que la participation politique en ligne est un objet de recherche relativement récent, le manque d’accord entre les chercheurs sur les concepts utilisés pour son étude n’est pas surprenant et peut être considéré comme le signe de l’immaturité scientifique ponctuelle. D’ailleurs, comme l’écrivait Karl Popper, il ne faut « jamais céder à la tentation de prendre au sérieux les problèmes concernant les mots et leurs significations » (Popper, 1981) car l’absence de consensus sur les définitions des notions employées n’a jamais empêché les sciences sociales d’avancer. En effet, avant de définir tous les concepts utilisés, n’est-il pas plus pertinent de mettre en évidence leur variété afin de saisir la façon dont ils reflètent des visions différentes de la réalité sociale? Le concept de la participation politique en ligne est particulièrement propice à ce type d’exercice car il est fabriqué et transformé par une multitude d’acteurs appartenant aux mondes « de la participation en ligne » pour paraphraser l’ouvrage de Becker (Becker, 2006). L’objet de notre communication est de recenser et d’étudier de grands types de définitions sociales – conceptions de la participation en ligne dans le contexte de la transformation contemporaine des démocraties représentatives. Nous allons aussi analyser la façon dont ce concept circule entre différents groupes, à savoir des acteurs des institutions publiques, des experts et des citoyens-usagers. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous allons nous focaliser sur la participation en ligne au niveau local en sélectionnant deux cas d’initiatives publiques. Ainsi, nous allons étudier les imaginaires de la participation en ligne tels qu’ils apparaissent dans les entretiens avec les acteurs différents (tantôt les administrateurs, tantôt les administrés), dans leurs stratégies élaborées lors de la mise en place des dispositifs et dans les documents produits à cette occasion.