La citoyenneté insurrectionnelle sur Internet face à la démocratie représentative :? contestation, résistance, désobéissance ?

L’article proposé pose la question de la capacité des régimes démocratiques à reconnaître, en droit et en fait, l’élargissement de l’espace public et la diversification des modes de participation politique rendus possibles par Internet. La réflexion s’appuiera sur le concept de « citoyenneté insurrectionnelle » dégagée par le socio-anthropologue de l’urbanité James Holston, qui désigne les multiples formes de mobilisation ou de pratiques quotidiennes qui contestent les politiques menées par les pouvoirs publics pour porter des revendications politiques et interpeller sur le sens de la citoyenneté et de la démocratie. De la même manière que la ville fait l’objet d’un ensemble de règles qui, prises ensemble, forment « une politique de la ville », il existe une politique de la liberté d’expression et de l’ « espace public » démocratique qu’il nous faudra décrire. Face aux manifestations de « citoyenneté insurrectionnelle » propres à Internet, qui sont porteuses de revendications vis-à-vis de la liberté d’expression et qui remettent en cause cette politique héritée des médias traditionnels, nous verrons que les régimes représentatifs répondent par des logiques répressives justifiées par le maintien du statu quo juridique. S’ensuit un conflit de légitimité entre l’État et ces mouvements sociaux contestataires, qui voit s’affronter différentes conceptions de l’État de droit et de la démocratie. L’article se conclura avec l’évocation de pistes de réformes susceptibles d’engager le régime représentatif dans un rapport dialectique avec les formes de citoyenneté insurrectionnelle qui se développent sur Internet.