Les usages sociopolitiques de Facebook sous le prisme du genre

Notre problématique concerne le semi-engagement et la politisation « ordinaire » qui se déploie sur les réseaux sociopolitiques, et spécifiquement sur Facebook. Initialement conçu pour l’échange privé, ce réseau social accueille aujourd’hui un ensemble de pratiques citoyennes qui s’entrelacent à des logiques de sociabilité, de construction et d’exposition de soi.
Notre hypothèse est que, sur Facebook, l’allègement des contraintes conversationnelles pour s’exprimer dans l’espace public pourrait favoriser l’émergence d’une nouvelle grammaire de la conversation politique en ligne ainsi que la prise de parole de nouveaux publics, les femmes en particulier, autour d’enjeux civiques. Deux axes segmentent notre questionnement. D’une part, nous interrogeons le rôle de la conversation interpersonnelle, en tant que facteur de politisation dans les espaces médiatiques et au sein des réseaux d’interconnaissance présents sur Facebook. D’autre part, nous étudions le rôle du genre comme facteur de différenciation des modalités de prises de parole autour du politique car, si elles sont minoritaires au sein des espaces numériques de participation politique, Facebook est massivement investi par les femmes.
Cette communication présentera les résultats d’observations en ligne et d’une enquête par entretiens semi-directifs réalisée auprès d’un corpus de commentateurs et de partageurs d’actualité politique sur les pages Facebook des médias, afin de saisir les ressorts sociaux du genre dans ces pratiques citoyennes.