L’activisme numérique au regard du consumérisme politique : Pirates et Tea Partiers sous la loupe

L’évolution vers une participation technologiquement élargie et vers un décloisonnement numérique des espaces citoyens conforte l’émergence de citoyens-consommateurs engagés et critiques. Soumis au processus de branding permanent, le politique, s’inscrit désormais dans un dialogue fondateur en continu avec les citoyens-consommateurs qui dorénavant co-construisent l’offre politique en interagissant sur ses modalités de diffusion ou, inversement, de rejet (boycott). Compris sous le vocable de consumérisme politique, ce phénomène est aujourd’hui susceptible d’aboutir à des formes d’activisme structuré et l’émergence de mouvements citoyens autogérés, au statut hybride. Les exemples récents du Tea Party (aux États-Unis) et du Parti Pirate (en Allemagne) offrent ici deux illustrations caractéristiques du concept de consumérisme politique en inscrivant la participation politique au sein d’un projet de type collaboratif, voire Peer-to-Peer. Partis open sources par essence, ces formations se développent rapidement grâce à une dynamique de franchise. Aussi, l’« ADN de marque » de ces mouvements demeure en mutation continue. Alors que ces mouvements innovent de par leur dynamique décisionnelle, il s’avère aujourd’hui utile d’examiner leur impact réel sur le jeu démocratique, par-delà leur nature proprement contestataire, ainsi qu’évaluer leur capacité à refonder les modalités de la participation à la chose publique.